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Black Coal

Chine Charbon

L’année dernière, le Festival de Cannes présentait le long-métrage A touch of Sin. Le film faisait un portrait ultra pessimiste de la Chine dont le message avait quelque chose de révolutionnaire pour le peuple chinois. Aujourd’hui récompensé au festival de Berlin, Black Coal semble dans la même lignée. Sauf qu’il s’agit ici d’un polar. Le réalisateur Yi’nan Diao a créé un film fort par son ambiance et ses décors d’une noirceur sans fin avec des superbes idées de réalisation. Hélas, l’intrigue, elle, est plutôt ratée.

C’est l’histoire d’un membre humain qui atterrit dans une mine de charbon. Le reste du corps est retrouvé éparpillé dans plusieurs mines. Débute alors une enquête menée par Zhang Zili, un flic assez banal qui va perdre toute son équipe et finalement démissionner. L’histoire se déroule dans une bourgade perdue en Chine où la neige permet de faire disparaître les preuves d’un crime. Rappelant un peu Only God Forgives et ses néons roses et bleus, Black Coal comporte aussi son lot de violences : les femmes soumises et objetisées, la police sans aucune déontologie et les criminels qui éclatent des flics à coup de patin à glace. La violence qui se dissémine partout fait naitre un certain surréalisme séduisant. La représentation de cette face sombre de la Chine est stylisée et donne de superbes images. Comme dans un magnifique plan-séquence où la caméra se fige pour immortaliser une arrestation musclée suivie d’une erreur policière qui finit en massacre. L’équilibre fragile des forces en présence illustre l’impression d’impuissance face à la noirceur du récit. Il n’y a aucun héros ou homme ordinaire pour arranger ça, pas même Zhang Zili.

Le réalisateur a recours à de fabuleuses ellipses qui donnent un dynamisme et une singularité à la narration. L’une des plus belles fait un bond de 6 ans dans le temps : Zhang Zili est en 1999 dans une voiture avec son collègue, il aperçoit un motard arrêté sur la route où tombe une épaisse neige. La caméra s’approche du motard et il s’agit en fait de Zhang Zili en 2005. L’homme a depuis raccroché de la police et est devenu agent de sécurité. Peu à peu, il va se retrouver à suivre la veuve du mari assassiné et découpé en morceaux en 1999. Il se rend alors compte que plusieurs hommes sont morts autour d’elle et décide de mener l’enquête à sa façon… Alors que le début du film est très engageant, bizarrement les ellipses finissent pourtant par nous perdre. Peut-être à cause de la censure chinoise qu’a subie le film, lui délestant de scènes nécessaires à la compréhension. On en vient à se dire que la vérité est dispersée à la manière des membres humains. Et finalement, la résolution de l’intrigue est le gros point faible de cette œuvre. Black Coal est constitué de petits blocs aux réussites variables, et ne donne sa pleine mesure que par intermittence.

Black Coil - VERDICT

Par FMA le

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