Pour améliorer votre expérience , nous utilisons des cookies sur notre site Web.
Si vous continuez à naviguer sur ce site, vous acceptez d'utiliser des cookies sur le site Internet Sick Magazine . Ok En savoir plus

Birdman

Etre ou ne pas être

Birdman n’est ni un film de superhéros, ni un biopic sur la carrière de Michael Keaton. C’est un long plan-séquence de 2h sur la tentative d’un acteur déchu de retrouver une place au sommet. C’est là que le rapprochement se fait avec la vie de Michael Keaton. Depuis Beetlejuice en 1988, l’acteur n’a pas tenu de grands rôles dans de grands films. Même avoir endossé la cape de Batman ne l’a pas aidé. Birdman était donc surtout pour Keaton l’occasion de se voir offrir une seconde chance, et affirmer haut et fort ce qu’il a toujours été : un grand acteur d’Hollywood. Bonne pioche, puisque Birdman a reçu l’oscar du meilleur film.

Birdman se résume ainsi : ce sont de vrais acteurs qui jouent des comédiens fictifs dans un vrai film qui parle d’une pièce de théâtre fictive. C’est donc un cas de mise en abîme classique, mais très efficace auquel s’est attaqué Iñárritu. La complexité de Birdman (qui en fait sa réussite) ne s’arrête pas là. Sa forme visuelle est atypique, puisque tout a été tourné dans un théâtre. Le long-métrage a été construit pour donner l’impression d’être un seul et même long plan. Ce qui exige une performance éprouvante pour les acteurs qui doivent réussir en une fois ce qui exige bien souvent de nombreuses prises. Mais l’équipe technique a également dû réussir un énorme tour de force pour que tout s’enchaîne parfaitement. Histoire de ne pas simplifier les choses, Birdman a été tourné chronologiquement, ce qui est d’autant plus inhabituel pour un film en plans-séquences. C’est en partie pour cette énorme prise de risque technique et visuelle que Birdman a bien mérité l’oscar du meilleur film. L’une des autres grandes raisons tient dans la réunion d’acteurs de génie sur un seul et même projet. Si Michael Keaton s’approprie avec charisme, drôlerie et sincérité son rôle, Edward Norton fait peut-être l’une des meilleures prestations de sa carrière dans son rôle de comédien borderline et arrogant. Quant à Emma Stone, elle confirme encore une fois à quel point elle est une actrice à prendre très au sérieux. Autre petit détail qui a son importance, la bande sonore a été réalisée par l’un des meilleurs batteurs au monde : Antonio Sanchez.

Pour le film, il a enregistré et improvisé plus de 60 morceaux. C’est d’autant plus impressionnant que la musique semble souvent guider au millimètre les mouvements des caméras. Si Birdman est complexe dans sa forme, le fond est tout aussi passionnant. Sous des allures de tragi-comédie, Iñárritu dresse un portrait paradoxal, entre la critique et l’éloge, sur les acteurs qui sont des êtres à la fois splendides et misérables, égoïstes et généreux. Ils sont capables de jouer leur vie sur un plateau, d’être sincères, puis de mentir et d’être lâches dans la vraie vie. Ils sont inhumains, humains, mais aussi presque surhumains. Un peu à l’image du héros Riggan Thomson qui a des pouvoirs télékinésiques. Il entend également une voix dans sa tête. Celle de Birdman, le super-héros fictif qui semble être la version mégalomane de Riggan. Une petite voix intérieure qui illustre le caractère volatile de l’estime de soi quand on est acteur : se sentir à un moment roi du monde, puis l’instant d’après complètement au fond du trou. Iñárritu traite aussi de la question du succès et de son éphémérité. Une thématique propre aux acteurs, mais pas seulement. La quête d’admiration et l’envie de laisser une trace après sa mort sont des sentiments qui nous sont communs à tous. Ce qui fait de Birdman un film à portée universelle. En présentant le personnage de Riggan, imparfait, pétri de doutes et de contradictions, tout spectateur peut donc s’y reconnaître. Pour une fois, le public et la presse s’accordent sur un point : Birdman est ce que l’on appelle un succès entièrement mérité.

Birdman - VERDICT

Par FMA le

Plus de lecture