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Bird People

Envolée lyrique

Les hommes oiseaux font référence aux professionnels de la chute libre et aux inventeurs des premiers avions. Ici Bird People fait référence à la transformation d’une étudiante en un moineau, et de ce désir de liberté d’un Américain qui frôle le burnout. Si on est bercé souvent par la poésie, le brio et l’enthousiasme de ce long-métrage, on finit par s’ennuyer faute d’idées abouties. C’est un cinéma qu’on a du mal à digérer tellement il est conceptuel et fantaisiste. Présenté au Festival de Cannes, le film mérite néanmoins beaucoup par sa prise de risque technique et ambitieuse. Bird People dresse le portrait d’individus qui décrochent, à l’heure précisément, de la prolifération des connexions.

C’est à travers un huis clos dans un hôtel d’aéroport que deux vies se croisent sans se rencontrer. Une jeune étudiante (Anais Demoustier) femme de ménage, et un cadre américain (Josh Charles de la série The Good Wife) qui décide de tout quitter du jour au lendemain. Le film se découpe de manière assez spéciale. Il commence par une vue d’ensemble dans un RER avec les pensées des gens normaux puis se divise en deux parties, celle de Gary Newman, le cadre puis celle de l’étudiante Audrey. La première partie est très terre-à-terre alors que la deuxième tient de l’ordre du conte avec Audrey qui se métamorphose en oiseau. L’apparition brutale d’éléments fantastiques à l’intrigue est complètement assumée, et ne nécessite aucune explication rationnelle. Ce découpage en partie a pourtant au premier abord de quoi décontenancer. Il est original certes, mais il n’est pas franchement logique. Cela donne l’impression d’avoir deux films en un. Tout deux commençant de manière excellente, mais finissant indéniablement par lasser. Le rythme est incroyablement gâché par l’utilisation d’horribles fondus noirs très classique à chaque fin de plans. L’enthousiasme du début digresse dans un silence morne. Pourtant malgré cet ennui, deux choses nous font écho en tant qu’être humain. La partie de Gary parle de burnout et du choix irrémédiables, non pas du suicide, mais de l’abandon de tout.

Comment est-il possible de tout lâcher du jour au lendemain, de se retrouver dans le vide ? Le fantasme de connexion est si grand dans nos sociétés, mais Gary est un héros ordinaire qui dit stop pour pouvoir redevenir disponible au monde. Une scène illustre d’ailleurs parfaitement ce besoin de déconnexion. Gary discute avec sa femme sur Skype pendant des heures afin de lui faire comprendre pourquoi il ne veut plus continuer avec elle. Et pendant pratiquement une journée, ils se regardent via leurs ordis et souffrent chacun de leur côté jusqu’à la rupture finale. Gary est le premier lien vers le moineau, car il prend son envol vers un inconnu et sans se soucier de l’atterrissage. Mais la métaphore va plus loin pour Audrey, jeune fille sans but, qui va vraiment se transformer en moineau sur nos écrans. C’est certes un peu niais, mais le moineau s’arrache à la pesanteur de l’existence pour se rendre compte que ce qui est moche vu du sol, peut devenir beau vu du ciel. Et on est obligé de reconnaître que techniquement c’est une prouesse que réalise Pascale Ferran dans son long métrage, qui filme donc pendant plus d’une heure un moineau. Le cinéaste a d’ailleurs eu recours à des dresseurs de moineaux. Les oiseaux devaient pouvoir s’arrêter de voler, et regarder à des endroits précis pour raconter l’histoire. Le rendu est très réjouissant. D’autant plus que cela a nécessité 10 mois de montage pour obtenir les bons moments des rushs.

Bird People - VERDICT

Par FMA le

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