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Bates Motel, saison 1

Aux racines du mal

À première vue, déterrer Norman Bates pour le compte de la télévision a tout d’une idée absolument exécrable. Pourquoi ne pas laisser le héros de Psychose en paix, dans son Motel miteux, entouré de ses oiseaux empaillés ? C’est tout du moins ce que l’on se disait avant d’amorcer le premier épisode de Bates Motel, une bonne surprise qui compense une absence de réel coup de génie par une proposition que l’on ne peut refuser : celle de ramener le spectateur aux origines du mal dépeint dans le classique d’Alfred Hitchcock. Soit l’adolescence du tueur le plus célèbre de l’histoire du septième art.

Comment Norman Bates est-il devenu Norman Bates ? Qu’est-ce qui a poussé ce timide jeune homme introverti sur les rails de la démence et de la maladie criminelle ? C’est bien là tout le difficile enjeu de cette série dont tout le monde connait d’emblée la fin. Chaque échange, chaque scène impliquant Norman et sa mère sont là pour hanter le spectateur, qui se demande à bien plus d’une reprise comment le gentil mioche de Charlie et la Chocolaterie va devenir le monstre dépeint dans le roman de Bloch. C’est d’autant plus saisissant, tant la métamorphose en la parfaite incarnation de la version juvénile d’Anthony Perkins se fait naturellement. Il y a sans conteste un truc de réellement malsain dans le regard de Freddie Highmore, plus malsain encore que sa relation œdipienne écrasante avec sa mère, ou bien que les événements étranges qui entourent la ville de White Pine Bay. Le jeune homme passe de l’attendrissant à l’inconfortable en un quart de seconde. C’est le genre de mec qui fait constamment craindre le pire, surtout lorsqu’il se retrouve face à un chien errant, un marteau à la main. Les scénaristes jouent d’ailleurs sans arrêt de ce genre de situations, dévoilant par courtes bribes les ténèbres grandissantes au sein de Norman, tout en parvenant à créer un attachement source de nombreuses ambigüités. En résumé, tout est fait pour que vous ne vouliez pas y croire, jusqu’au moment où vous n’avez plus le choix.

Ce retour aux racines du mal offre également l’opportunité d’enfin mettre un visage sur Norma Bates. Il faut dire que la mère de Norman restait un élément central de Psychose, sans qu’on ne la voie jamais réellement. Une véritable mine d’or pour les scénaristes qui parviennent à recréer avec brio ce personnage excessif, lunatique, mais diablement attachant. La relation ambiguë qu’elle partage avec son fils (supposée être le catalyseur de sa violence) n’est ici que suggérée. Elle se déshabille devant lui, elle est maladivement jalouse de ses petites amies (et vice-versa), mais le cap de l’inceste avéré n’est jamais franchi. C’est ici l’un des premiers écarts de Bates Motel sur Psychose : le mal qui repose en Norman est quelque chose d’inné, et non d’acquis. Il y a aussi cette narration, beaucoup moins extérieure que dans le film, qui se centrait de son côté bien plus sur les victimes. Norman Bates apparaissait alors comme une bête que l’on observe de loin. Ici c’est tout le contraire : on découvre les nombreux secrets de la ville à travers ses yeux. Le côté Twin Peaks est d’ailleurs ouvertement assumé par les scénaristes, à la différence près que Bates Motel ne parvient pas en une saison à instaurer le voile de mystère que la série de Lynch avait su créer dès sa scène d’ouverture. Finalement, le grand mal de Bates Motel reste de souffrir de la comparaison avec ses modèles. Psychose d’un côté, Twin Peaks de l’autre : avec ça, difficile de ne pas paraitre un peu fade.

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Bates Motel S01 - VERDICT

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Par Fox Mulder le

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