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Banshee, saison 3

Du pain et des jeux

Il aura fallu attendre presque 30 épisodes pour que je me rende compte que Banshee ne s’est jamais adressée une seule seconde à l’être humain amateur de fiction qui est en moi. Pour être honnête, cette série s’adresse à une partie bien plus vile de la psychologie humaine. Une zone plus primitive, qui nous rappelle à chaque instant qu’on n’est dans le fond que des putains d’animaux assoiffés de sang. Du pain et des jeux, on en est toujours réduit à ça, quelles que soient les conneries qu’on se raconte pour se faire croire que notre civilisation est plus évoluée que celle de l’antiquité. La seule différence entre nous et les Romains, c’est qu’ils ne connaissaient pas encore le merveilleux monde de la fiction. Si les mecs voulaient voir du sang couler, il n’y avait pas 36 solutions.

Aujourd’hui tout va mieux. Grâce à Banshee, on est plus obligé d’éviscérer un mec sur la place du village pour expier toute la haine enfouie dans nos entrailles, emmagasinée au fil d’une existence flétrie, faite de privations et autres frustrations en tout genre. C’est drôle de voir l’évolution de Banshee au fil des saisons. Au bout de la troisième, c’est à peine si les scénaristes font l’effort de masquer l’idée que tout cela n’est qu’un prétexte à la baston pure et simple. Je veux dire, sans vouloir spoiler qui que ce soit, lorsque l’on s’aperçoit comme par hasard qu’une base militaire est en réalité implantée pas très loin du territoire de notre vrai-faux Sheriff, on sait par définition que tout cela est voué à virer dans l’apocalypse la plus totale. On voit des thunes, on voit des flingues, on voit des mecs surentrainés qui n’en ont rien à foutre, et qui s’éteignent leurs cigares sur le bras. C’est un cocktail annoncé d’action sous stéroïdes, qui dégaine tout de même des combats d’une sacrée violence. Là-dessus pas de doutes : on peut vraiment mettre un point d’honneur à souligner le très haut niveau de ces duels qui sont pour le coup omniprésents. À ce stade, le show assume entièrement son statut de défouloir masculin intense. Les trois fluides principaux sont réunis : la sueur, le sang, et la cyprine.

Entre les miliaires affranchis qui dorment le doigt sur la gâchette, et les Indiens en quête de reconnaissance identitaire qui font du cage-fight à mort pour passer le temps, on en viendrait presque à oublier le vrai méchant de la série. Kai Proctor, un ex-Mormond plein de distinction que vous continuerez d’aduler contre vents et marées, bien que le type ne soit dans le fond qu’un connard manipulateur assassin de sang-froid, qui se tape sa nièce à l’occaz, après avoir vu la belle enchainer les longueurs à poil dans sa piscine de luxe. La nièce parlons-en. Une charmante jeune fille dont l’escalade morbide ne semble avoir aucune limite, toute fofolle quand on lui file un flingue entre les mains, et qui mouille sa culotte quand elle voit son oncle adoré éviscérer un type qui a osé lever le ton. Non sérieusement, ça ne s’invente pas. Je ne cherche même pas à être misogyne, je ne fais qu’énumérer les faits. Quand on voit la puissance de feu qui rode, on se demande bien pourquoi des pauvres gens s’emmerdent encore à vivre dans ce patelin dégueulasse, dont le taux de mortalité dépasse celui d’un pays en guerre. Au final, je pense qu’on a tous arrêté de se poser la question. Contrairement à Justified qui garde un semblant de réalisme (sans pour autant être une série chiante), la série de Cinemax a définitivement rayé ce mot de son vocabulaire. Et puis on ne va pas se mentir : chercher de la subtilité dans Banshee, c’est un peu comme vouloir trouver la femme de sa vie dans un bordel.

Banshee S03 - VERDICT

Par Fox Mulder le

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