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Ballers, saison 2

Ball so Hard

De loin, 2016 pourrait ressembler au début du règne de Lucifer sur terre. Un émule de Biff Tannen est un sérieux candidat à la présidence des États-Unis. Renaud tape la bise à des flics. Batman flingue ses ennemis au cinéma. Le monde s’extasie sur la mise en chantier d’un film consacré aux Power Rangers. Des smartphones explosent dans les poches de leurs possesseurs, et il est communément de bon goût de s’extasier sur les performances d’acteur de Dwayne Johnson, cette ancienne gloire du catch que tout le monde a retenu pour sa performance en CGI dans Le Retour de la Momie. Sur ce dernier point, la nuance est de mise : le mec n’est définitivement plus à réduire à une masse de muscles juste bonne à casser des mâchoires.

Les excuses sont plates. À chaque nouvelle prestation convaincante de Dwayne Johnson, on a tendance à répéter les mêmes syntagmes. Mais il faut bien reconnaître que le bonhomme porte si bien la série Ballers sur ses épaules qu’on ne peut que s’extasier de sa reconversion. Son charisme est indéniable, sa sympathie irréfutable et l’acteur ne cesse d’épaissir son jeu d’année en année. Cette seconde saison de Ballers ne fait que confirmer, une fois de plus, tout le bien qu’on pense de lui. Sans cet atout de taille, la série de HBO serait beaucoup plus confidentielle, pour ne pas dire moins intéressante. C’est peut-être un défaut de culture, pour nous, amateurs du football qui se joue avec les pieds. Quoi qu’il en soit, le sujet est traité avec une pédagogie suffisamment subtile pour ne laisser personne sur le carreau. Et puis, il faut dire qu’en ajoutant sa dose habituelle d’humour, de belles plastiques et de paysages idylliques, HBO n’a pas pris de risques. Néanmoins, d’un point de vue plus global cette seconde saison peine à trouver son rythme et à intensifier son intrigue. Tout s’enchaine sans véritable lien pendant les premiers épisodes, avant que les futilités laissent un peu plus de place à la dramaturgie. Disons qu’il s’agit probablement d’un moyen de rendre ses personnages attachants avant d’explorer un peu plus leur psychologie.

Il y a une idée qui est développée en filigrane depuis la première saison et qui mérite d’être clairement approfondie. Les joueurs de NFL ne sortent pas indemnes de leur carrière sportive. Si leurs finances sont souvent mises en avant par la série, cette dernière ne ménage pas pour autant les aspects psychologiques et physiques de ces retraités précoces. Trouble du sommeil, dépendance, déclin physiologique, Spencer (le personnage interprété par Dwayne Johnson) n’a clairement pas été épargné par la brutalité des matchs de NFL. Compte tenu de ses liens avec la ligue de football américaine, il est certain que HBO ne permettra jamais à cette idée de dépasser son stade embryonnaire. Mais il faut reconnaître à Ballers cette qualité : celle de ne pas être qu’une succession de négociations et de situations comiques, mais de proposer une vision à double tranchant. D’un côté, la série propose le strass, les paillettes et la légèreté d’une jeune génération de joueurs professionnels. De l’autre côté, Spencer s’affiche comme ce témoignage d’une vie sacrifiée sur l’autel de la performance et des contrats à de multiples zéros. De loin, Ballers ressemble à cette série imparfaite qu’il est bon de regarder pour tuer le temps. De près, elle caresse un sujet beaucoup plus sensible et clairement moins futile qu’il n’y parait.

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Par Yox le

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