Pour améliorer votre expérience , nous utilisons des cookies sur notre site Web.
Si vous continuez à naviguer sur ce site, vous acceptez d'utiliser des cookies sur le site Internet Sick Magazine . Ok En savoir plus

Ballers, saison 1

Comme un air d'Entourage

Dwayne Johnson est un bon acteur. L’impensable s’est produit grâce à sa prestation dans l’excellent Pain & Gain de Michael Bay, balayant d’une traite l’ignoble Fée malgré lui. Il a quand même une bonne gueule ce Dwayne. Il a beau jouer les gros bras, afficher sa musculature exorbitante l’obligeant à franchir les cadres des portes en pas chassés, il n’en demeure pas moi sacrément sympathique. Voilà le genre de mec qui vous filerait son briquet en vous serrant la pince, tout en sachant que vous n’envisagerez pas une seule fois de le lui rendre. Il a définitivement un bon fond ce Dwayne. Et il s’est trouvé un rôle à la hauteur de sa sympathie dans la première saison de Ballers.

Il était une fois, une chaîne emblématique du paysage audiovisuel américain qui venait d’accoucher de la série la plus cool de tous les temps. Mesdames, nous ne parlons pas des déboires sexuels de Carry Bradshaw et de toute sa clique. Nous parlons de testostérone, de blague de mauvais goût, de licenciement abusif, de strass, de paillettes, de plan cul, de gros billets, de tête à claques, de tout ce qui fait qu’Entourage était un déluge de bon sens. Depuis l’arrêt de cette série, HBO est parvenu une seule fois à retrouver la formule magique avec How to Make It in America, produite comme Entourage par Mark Wahlberg et annulée au terme de sa seconde saison. Vous voyez ou je veux en venir ? Ballers est produite par le même trio (Mark Wahlberg, Stephen Levinson, Rob Weiss) que ses prédécesseurs et dispose de la même ambiance nonchalante qui semble être la marque de fabrique de ces têtes pensantes. Le drama mis au placard, les situations stupides comme revendication, des collaborateurs liés par une sorte de fraternité mystique : Ballers reprend tous les ingrédients qui ont fait d’Entourage le succès qu’on connaît, en le transposant dans l’univers du Football américain. Avec Dwayne Johnson, dans le rôle d’un ancien footballeur devenu gestionnaire financier de sportif, la série divague entre ces anges gardiens pécuniaires et ces athlètes de haut niveau qui pensent le plus souvent avec leur troisième jambe qu’avec leur cerveau. Pas une seule fois Ballers ne trempe dans une lourde dramaturgie qui entrerait en contradiction avec son postulat de départ. Tout est traité avec légèreté, même quand il s’agit d’aborder les difficultés de réinsertion des anciens footballeurs ou encore les éventuelles séquelles physiques et neuronales éprouvées. Au fond, ça a la couleur d’Entourage, ça a le goût d’Entourage, mais ce n’est pas Entourage.

Il est facile de dénigrer Ballers sur le simple fait que son ambition narrative se limite au plaisir éphémère ressenti par le spectateur. C’est une discrimination de la comédie qui existe depuis l’antiquité et qui perdure encore aujourd’hui. Ballers n’est pas Breaking Bad ou The Wire, elle ne cherche pas à transcender le monde qu’elle représente, mais plutôt à le sublimer. Les filles, le pognon, les fêtes, la décadence : c’est une nouvelle fable sur le rêve américain et ces personnes qui sont prêtes à tout pour s’en emparer. C’est le cas de Spencer Strasmore (Dwayne Johnson), de ses collègues, mais aussi de ses clients. Ils répondent tous à l’archétype de la réussite et de la plénitude matérielle. Sur le plan moral, Ballers est discutable, pour peu que votre chemin de croix se compose de pain et d’eau fraiche. Mais observer cette série par un prisme de l’analyse sociétale, c’est comme se branler sur le dernier Muse ou Young Thug : c’est inconcevable. Les dix épisodes de cette première saison tiennent la route en livrant leur lot de rebondissements complètement débiles, emballés par une réalisation en toute somme commune. Tout a du sens, mais rien n’est véritablement sérieux. Plus tôt vous intégrerez cette idée, au mieux vous apprécierez cette série. C’est comme accepter le fait que Dwayne Johnson soit capable de réciter deux lignes face à une caméra en conservant sa crédibilité. Le cinéma a mis plus de dix ans avant de l’accepter, avant d’être capable de le prendre au sérieux. L’acteur récolte aujourd’hui le fruit de son acharnement avec une série qu’il porte littéralement sur ses épaules. Et s’il n’y a rien de plus à dire sur Ballers, c’est que la série n’a rien de plus à offrir. Tant mieux, on n’en attendait pas moins !

Ballers - VERDICT

Par Sholid le

Plus de lecture