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Avengers, Age of Ultron

Rage against the Machines

Il est inutile de chercher dans Avengers 2 une quelconque rédemption de Marvel, ni même une vision finalement personnelle de Joss Whedon. Cette suite ne réconciliera pas les fâchés, perdra sûrement les non-initiés et plaira assurément aux adeptes. C’est aussi simple que ça. C’est aussi simple que de voir une bande de superhéros véhiculant les idéaux américains, détruisant tout sur leur passage, sans vraiment se soucier des dégâts collatéraux de prime abord. L’ère d’Ultron n’est ni plus ni moins que le produit de son époque, s’appuyant sur des créations beaucoup plus vieilles que le public auquel le film s’adresse. Il est à prendre avec ses défauts, ses qualités, sa structure narrative profondément classique et ses références symboliques maladroitement mises en œuvre. Il est tout simplement ce qu’on attendait de lui.

Pour cette critique de ce second Avengers, il est nécessaire de s’enthousiasmer sur toute la pseudo-symbolique qui gravite durant le film. Ultron est une marionnette. Affranchie de ses cordes, elle jouit d’un libre arbitre commun à toute l’espèce humaine. Tony Stark est présenté de manière grotesque comme un Gepetto irresponsable, accouchant d’une progéniture destructrice, quand bien même ses collègues désapprouvent sa vision de l’avenir. Intelligence artificielle désabusée qui réalise que l’homme est un loup pour l’homme, Ultron est une version revisitée de Pinocchio, plus proche d’une menace à la Skynet que du conte de Disney. Cet antagoniste joue sur une peur quasiment ancestrale, qui n’a jamais autant pris sens qu’à notre époque. Est-ce que nos propres créations pourraient se retourner contre nous ? Un excès de confiance, c’est tout ce qu’il faudrait pour franchir le point de non-retour. Assez souvent maltraitée au cinéma, l’idée a pourtant généré certains films devenus depuis cultes, à l’image de l’intemporel Terminator 2. Il fallait être drôlement naïf pour attendre plus d’une production Marvel qu’un schéma actanciel simplifié, se contentant d’afficher une vision manichéenne qui en rebuterait assurément plus d’un. Avengers 2 est aussi simple que son aîné, aussi simple que le premier film inaugurant le Marvel Cinematic Universe : il faut une âme courageuse pour vaincre le mal et ses propres démons. Il faut surtout une bande de gigolos en combinaison moulante pour repousser des menaces extra-terrestres ou une intelligence artificielle aussi difficilement saisissable qu’elle existe sous de nombreuses formes. C’est aussi con que n’importe quel Marvel et surtout aussi jouissif que n’importe quel Marvel.

On pourra dire ce qu’on veut sur la qualité discutable des productions cinématographiques de la maison des idées. Une grande majorité de ses productions sont insipides, manquent d’ambition et se contentent juste d’offrir une vague de money shot à des brebis égarées, désireuses d’en prendre tout simplement plein la gueule. Néanmoins, il est impossible de nier le fait que Marvel est parvenu à accomplir en moins de dix ans ce qui n’a jamais été réalisé par aucun autre. C’est tout un univers parallèle qui prend vie, année après année, film après film. Tout est cohérent, tout est à sa place, tout est vertigineux. Les histoires des uns et des autres se rejoignent avec cohérence, pour accoucher tous les trois ans d’une réunion apocalyptique. Chaque personnage joue sa partition à la perfection, chaque personnage fait ce qu’on attend de lui. Et il suffit d’un plan, d’un cadrage qui réunit Thor, Iron Man, Captain America, Hulk, la Veuve Noire et Hawkeye, combattant le mal par le mal, sauvant la veuve et l’orphelin, pour se dire qu’à défaut d’être intelligent, c’est quand même sacrément cool. Parce qu’il est prévisible, Avengers ne pourra jamais revendiquer autre chose que le statut qui lui est accordé par tout le monde : celui d’un grand divertissement, au sens propre plus qu’au sens noble du terme. Peut-être que cette critique n’a pas lieu d’être. Avengers 2 n’est sûrement pas le rêve de nos générations, celle des vingtenaires et des trentenaires qui ne jurent que par la vision d’un Burton ou d’un Spielberg au sommet de sa carrière. Mais à voir les yeux subjugués des enfants présents dans la salle lors de la sortie du film, il ne fait aucun doute que les Avengers sont le rêve de leur jeune génération. Et au risque de paraître niais à souhait : seriez-vous vraiment suffisamment ingrat pour détruire le rêve de ces gosses ?

Avengers 2 - VERDICT

Crédit image, Veegee03. Retrouvez toutes les excellentes créations de l’artiste sur sa page web.

Par Sholid le

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