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American Sniper

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Difficile de cacher son admiration pour Clint Eastwood au fil des années. Le mythique interprète du Bon, de la Brute et du Truand a fait du chemin, à la fois devant, mais surtout derrière la caméra. Prenez Million Dollar Baby, Gran Torino, Invinctus, ou encore L’échange : voilà des œuvres qui feront du cinéaste un talent gravé dans l’histoire du septième art. Hélas, American Sniper n’en fera pas partie. Pour des raisons idéologiques avant tout, mais aussi pour des raisons techniques et artistiques.

American Sniper n’est pas un film destiné à fonctionner hors du sol américain, une nation dont on ne compte plus les œuvres d’auto-satisfaction, mettant en avant leur propre supériorité militaire, économique et même sociale. Aujourd’hui, la pilule ne passe plus. Il est difficile de trouver du plaisir dans le récit des exploits de Chris Kyle, sous-officier de la marine américaine et redoutable tireur d’élite, qui aurait tué plus de deux cents personnes au cours de la Guerre d’Irak. Une histoire vraie donc, d’autant plus que Chris Kyle a confessé ne regretter aucun de ses actes. À ce stade, c’en est presque dérangeant, quand bien même ce « héros » a sauvé des vies américaines en assassinant des hommes, des femmes et des enfants. Il y a un côté typiquement américain à glorifier le militaire par son nombre d’assassinats comme sur un jeu vidéo. Cela ne choquera pas tout le monde, mais c’est un élément idéologique perturbant du dernier film de Clint Eastwood. On se pose même la question de la nécessité de ce long-métrage. Pourquoi en rajouter alors que Chris Kyle, le fameux héros, a déjà écrit un roman et obtenu des funérailles dignes d’un président ? (Il a été assassiné par un ex-marine en février 2013). C’est la raison pour laquelle American Sniper n’est destiné qu’aux Américains. C’est sûrement une façon pour eux d’entrer dans une catharsis, qui aidera surement à purger cette haine emmagasinée depuis les attentats du 11 septembre.

À la base, c’est David O’ Russel (American Bluff, Fighter) qui devait réaliser cette adaptation du roman de Chris Kyle. Puis ce fut Steven Spielberg, qui abandonna finalement à cause d’un budget trop serré. Ce problème d’argent se ressent notamment dans les effets spéciaux et les décors du film. Alors que quelques scènes seulement ont été tournées au Maroc, le reste du film émane de studios californiens, partagés entre Los Angeles et San Diego. Un fâcheux détail assez flagrant que l’on ressent bien souvent à l’image, qui se contente d’un mélange d’effets spéciaux pas très performants. On évitera d’épiloguer sur la présence de ce fameux bébé en plastique lors de plusieurs scènes, qui avaient bien fait rire les internautes. Malgré tout cela, American Sniper a déjà récolté un peu plus de 249 millions de dollars aux États-Unis. Il s’agit du plus gros succès de Clint Eastwood en tant que réalisateur sur le sol américain. En France, le film a attiré 160 462 spectateurs le premier jour de sa sortie, et ainsi offert au réalisateur le meilleur premier jour de sa carrière dans l’Hexagone. La chose n’est pas tellement imméritée, car Bradley Cooper est assez incroyable dans le rôle du sniper. Pour endosser le rôle, il a pris énormément de masse musculaire. Il s’est également mis à étudier la façon de parler et de se déplacer du Chris Kyle grâce à des enregistrements audio et vidéo. C’est bien là le seul vrai point fort de ce film pas entièrement mauvais, mais dont l’amer gout de propagande patriotique mène à l’indigestion. Voilà, c’est dit.

American Sniper - VERDICT

Par FMA le

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