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American Horror Story, Coven

Hunting for Witches

Ce n’est pas pour rien que American Horror Story est devenue la seule ambassadrice crédible de l’horreur à la télévision. Une des grandes forces de la série réside toujours dans cette faculté à se réinventer complètement entre chaque saison, offrant au créateur Ryan Murphy tout le loisir de revisiter un nouveau pan de l’histoire des classiques de l’horreur. La mystérieuse maison hantée d’un Shining, puis l’asile d’un Vol au dessus d’un nid de coucou dans l’excellente saison 2, et enfin la nouvelle Orléans, les rites Voodoo et les sorcières dans cette troisième itération sous-titrée Coven. Et toujours cette esthétique soignée et malsaine au possible, ce casting de haut vol, et cette histoire à dormir debout. C’est toujours aussi imparfait, mais le charme est resté intact.

American Horror Story fascine, pour tout un tas de raisons. Au-delà de son attraction morbide et poisseuse, la série s’évertue sans cesse à conserver cette aura inquiétante qui lui réussit si bien. Dans ses décors lugubres, dans sa manière tortueuse de filmer ses protagonistes, mais surtout dans ses personnages antagoniques, figés dans ce qu’ils sont : le tueur, la victime, la manipulatrice, le pervers, l’opportuniste, la tortionnaire… Il y a bien quelques retournements de situations, quelques masques inattendus qui finissent par tomber. Mais pour le reste, c’est clair comme de l’eau de roche. L’épisode d’exposition place les pions, le reste de la série consiste à voire la partie se dérouler. Alors on attend sagement, ce moment où le loup va ravager la bergerie. Dans le couvent de sorcières où prend place la majeure partie de cette saison, ce loup n’est autre que l’excellente Jessica Lange. À l’image des deux saisons précédentes, l’actrice américaine doublement Oscarisée de 64 ans évolue littéralement comme un poisson dans l’eau. Ou plutôt comme un poison toxique, tant son rôle de sorcière suprême ivre de pouvoir lui colle parfaitement à la peau. C’est une constante dans la série, les scripts tendus à l’actrice par Ryan Murphy lui laissent à chaque fois l’occasion d’exprimer toute l’étendue de son talent. Et comme toujours, ses déambulations à l’écran sont jubilatoires. Tour à tour inquiétante, ravageuse et ravagée. Vénéneuse jusqu’à la dernière seconde. On pense aussi au rôle méconnaissable de Lance Reddick (Broyles de Fringe, ou bien Cedric Daniels de The Wire) dans une sorte de réécriture inquiétante du Baron Samedi.

À l’exception du grandiose Zachary Quinto, on retrouve dans Coven la majorité du casting des saisons précédentes. Et dans certains cas, le contraste avec les rôles passés est saisissant. La série s’en amuse d’ailleurs à plus d’une reprise, en mettant par exemple dans la peau des victimes les mêmes visages qui jouaient les psychopathes des saisons passées. La violence, la malsain, et le gore ne sont comme d’habitude qu’une simple facette de l’horreur distillée dans la série. Il y a aussi la partie immergée de l’iceberg, comme l’inceste, les coups bas, et les légendes urbaines qui sont parfois plus que de simples légendes. Alors oui, c’est parfois visuellement immonde, et la censure ne fait définitivement pas partie du vocabulaire des scénaristes. On pense forcément au rôle de l’infâme Madame Delphine LaLaurie, une tortionnaire d’esclaves du 19e siècle jouée par Kathy Bates, également Oscarisée pour son rôle dérangé de Annie dans l’énorme Misery, adapté du roman de Stephen King. À l’image de la saison deux Asylum, Coven se concentre sur un fil rouge simple, et évite ainsi de partir dans tous les sens comme le faisait Murder House, la toute première saison. Contrairement à cette dernière, la série a depuis acquis un certain stade de sérénité, qui lui empêche de tomber dans le piège du too much. On reste tout de même dans quelque chose de moins paranoïaque, la faute à cette intrigue dans le fond vue et revue des sorcières qui se battent pour leur survie. Les regards sont déjà tournés vers la prochaine saison baptisée Freak Show, qui s’attaquera aux mythes des fêtes foraines. Ça promet. American Horror Story Coven - VERDICT

Par Fox Mulder le

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