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Il y a un peu moins de 4 ans, Ryan Murphy a pris la décision de ramener l’horreur à la télévision. American Horror Story était en son temps une curiosité malsaine qui s’éloignait de tout. Une production sous forme de double majeur en l’air, qui envoie valser tous les standards contemporains du petit écran, comme l’avaient fait en leur temps The Twilight Zone, Twin Peaks ou Les Contes de la Crypte. Au-delà du côté anthologie (qui se renouvelle à chaque saison), la série de FX apporte aussi une esthétique vertigineuse, un mode de narration très imagé, et une progression unique en son genre. Autant de ficelles dont le créateur a usé et abusé tout au long de ses quatre dernières saisons, à l’image d’un marionnettiste qui s’éclate à manipuler une audience d’esprits fragiles. Le truc, c’est qu’au bout de 4 ans, plus personne n’est dupe. Ryan Murphy a beau avoir changé de décors, les rouages restent les mêmes. Ça ne veut pas dire qu’ils sont usés pour autant.

Ce qui est de plus en plus flagrant en revanche, c’est l’imposture que représente le renouvellement des saisons. De la volonté même de ses créateurs, American Horror Story est une page blanche qui se réinvente au fil des années. Chaque nouvelle itération est prétexte à déballer un univers flambant neuf, une intrigue inédite, et de nouveaux personnages. Cette année encore, Freakshow apportait la promesse d’un dépaysement total. On en sort d’autant plus déçu lorsque l’on réalise que le dépaysement en question ne dépasse jamais le stade du visuel. Les Freaks ne sont dans le fond que l’écho des sorcières de la troisième saison baptisée Coven, elles-mêmes fortement inspirées de la condition des patients de Asylum, et des fantômes de Murder House. Tous sont reclus de la société, prisonniers de leur enveloppe corporelle, et seuls face à l’adversité. L’année dernière on chassait les sorcières, aujourd’hui le couperet tombe sur les rebuts, les déformés et les moches du cirque. Bref, tous ceux que la société ne veut plus voir. Paradoxalement, il aura fallu attendre que Ryan Murphy explore l’univers qui colle le mieux à la série, pour se rendre compte qu’il aura finalement réussi à banaliser les codes de l’horreur. Le spectacle de la mort, le gore, les esprits dérangés : la série en arrive au point où elle pourrait dégommer tout le casting, sans ne jamais faire sourciller le spectateur.

Cela ne veut pas dire que cette saison est mauvaise. Loin de là. La formule est simplement arrivée à un point où la surprise ne fait plus partie de l’équation. Chose qui rend American Horror Story fatalement très prévisible, et dans le fond assez convenue. Ce qui représente un paradoxe assez colossal, pour une série qui déglinguait allègrement les codes il y a seulement deux ans. C’est d’autant plus triste, puisque cette saison offre probablement la galerie de personnages la plus folle de la série. Les Freaks sont tous plus géniaux les uns que les autres. Mention spéciale pour Sarah Paulson, qui s’en sort avec brio dans son rôle de Bette & Dot Tattler, une femme à deux têtes aux personnalités attachantes. Toujours aussi sublime, la doublement Oscarisée Jessica Lange campe hélas le même registre que l’année dernière. Celui d’une femme d’autorité sur la fin, aux grandes aspirations. La bonne surprise vient de l’apparition inattendue de Neil Patrick Harris, qui délivre une prestation dérangée qui vaut clairement le coup d’œil. Enfin, il faut vraiment parler de la partition totalement incroyable de Finn Wittrock, un acteur jusqu’ici plutôt méconnu qui nous livre l’un des plus beaux psychopathes que la télévision n’ait jamais engendrés. Un fils de riche totalement barré, dont la simple apparition suffit à créer le malaise le plus total. En somme un génie sur pattes, qui nous rappelle que American Horror Story a encore quelques cordes à son arc. En attendant que la série renoue avec un vrai sens du renouvellement.

American Horror Story Freak Show - VERDICT

Par Fox Mulder le

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