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Que celui qui a déjà poussé un cri de frayeur devant American Horror Story me jette la première pierre : cette série est largement plus dérangeante qu’elle est effrayante. Après tout, l’horreur n’a pas pour unique but de titiller la peur du spectateur. Cinq années après ses débuts, American Horror Story n’est toujours pas parvenue à délivrer cette anthologie qui donnerait au genre horrifique ses lettres de noblesse. Elle se laisse suivre, au rythme de ses épisodes, de sa narration décousue et de son unité scénographique. Sans prétention, comme un divertissement dans sa définition la plus simple, et la plus jubilatoire. Le jeu des chaises musicales continue, avec à la clé une saison qui apporte un léger vent de fraicheur, mais qui ne change aucunement l’ADN de la série. American Horror Story reste American Horror Story, avec ses lourdes déceptions et ses réjouissances sans fin. Le plaisir coupable par excellence.

Orpheline de Jessica Lange, American Horror Story est finalement parvenue à se débarrasser de son pilier. Était-ce indispensable ? Pas forcément. Était-ce nécessaire ? Assurément. Sur les premières saisons, les rôles attribués à l’actrice lui collaient parfaitement à la peau. Mais au fur et à mesure, la caractérisation de ses personnages est devenue superficielle. Jessica Lange jouait à Jessica Lange, à mi-chemin entre femme fatale et femme frustrée par une vie faite de déceptions. En dépit de toutes les attentes, c’est Lady Gaga qui est engagée pour reprendre la tête d’affiche. Une femme fatale pour en remplacer une autre en quelque sorte. Mais l’arrivée de la chanteuse est doublement surprenante. Pour ceux qui en doutaient, Lady Gaga est capable de jouer la comédie devant une caméra. Néanmoins, son rôle ne suffira pas à faire taire les mauvaises langues, puisqu’à l’instar de Jessica Lange : Lady Gaga fait du Lady Gaga. Son rôle de mante religieuse correspond à son univers musical, à la personnalité qu’elle s’est construite en dehors de la série. Les nouveaux arrivants (Matthew Bomer, tout particulièrement) assurent de renouveler le casting ronronnant de la série. Un bon point donc, puisqu’au-delà de découvrir quels sont les rôles campés par les acteurs historiques, les nouvelles recrues assurent les joies de la découverte d’une palette de talents. Plus dérangeante que la précédente saison, American Horror Story mise une fois de plus sur des tableaux macabres, glauques, parfois même drôles, mais jamais effrayants. C’est du sucre pimenté, de la moutarde pour enfant. La série brille par son esthétisme morbide, par son hôtel hanté, ses personnages qui trompent la mort, ses mythes qui sont effleurés et ses grossières références à d’anciens personnages. Des clins d’œil inutiles adressés aux spectateurs les plus fidèles, qui ne manqueront pas de perdre ceux qui n’ont pas pris le train en marche.

Que tente de raconter American Horror Story ? Pas grand-chose. Sur le plan narratif, tout est confus. S’agit-il de l’ascension d’un serial-killer, de son élévation au rang de mythe ? La série raconte-t-elle la perte d’une mangeuse d’hommes, buveuse de sang ? Parle-t-elle d’un hôtel, conçu depuis sa création pour accueillir les pires atrocités ? American Horror Story ne sait pas de quoi parler. La série parle donc de tout, dans la confusion la plus totale. Le fil narratif est maladroit, les épisodes s’enchainent sans que l’on puisse savoir véritablement vers où le show mène ses spectateurs. La seconde saison de The Leftovers est un excellent exemple de réussite dans le genre. Les épisodes se suivent, sans lien apparent, et c’est seulement au terme de son récit que le spectateur prend conscience de leur convergence. La comparaison ne tient pas sur tous les plans, mais dans l’absolu elle permet de voir à quel point la série de FX se perd en cours de route. Sa conclusion n’offre rien de satisfaisant. Pire, elle est frustrante et montre à quel point les concepteurs, les scénaristes et le showrunner manquent de clairvoyance. Plus facile à dire qu’à faire, certes. Et pour son ambiance atypique, pour le soin accordé à sa mise en scène, il est difficile de faire preuve d’une trop grande sévérité à l’égard de cette nouvelle saison d’American Horror Story. D’autant plus que le concept anthologique l’oblige à repartir de zéro chaque année. Seulement voilà : à jouer sur le ton de la légèreté, la série de Ryan Murphy saborde sa propre dramaturgie. Les larmes ne coulent jamais. Les rires sont effacés, les cris étouffés. Reste un divertissement dans le sens le plus noble du terme. Certes parfaitement ficelé, à l’univers délicieusement glauque, et à la promotion irréprochable, auquel s’entremêle hélas la désagréable sensation que la série ne parvient jamais à évoluer en dehors de ses propres codes. Un comble.

AHS Hotel REVIEW 01

Par Sholid le

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