Pour améliorer votre expérience , nous utilisons des cookies sur notre site Web.
Si vous continuez à naviguer sur ce site, vous acceptez d'utiliser des cookies sur le site Internet Sick Magazine . Ok En savoir plus

A la Merveile

Errance de Malick…

Terrence Malick est l’auteur de plusieurs œuvres magnifiques telles que la Ligne Rouge et The Tree of life. Anticonformistes et rebelles, ses films ne ressemblent à aucuns autres. Mais à force de s’écarter des sentiers battus, on finit par vraiment égarer le spectateur et le battre à mort dans un sentier. C’est du moins le sentiment qui ressort après deux heures d’errance cinématographique.

DORMIR A MERVEILLE

Dire que « A la merveille » est soporifique c’est facile et pas forcément honnête. En revanche dire qu’on s’est FAIT CHIER COMME UN RAT MORT, ça c’est… extrême aussi. Blague à part, A la merveille est à l’image du courant impressionniste en peinture. Il représente la vision fugace de l’amour vue par le réalisateur. Vision floue et impalpable de la vie d’un couple. On y retrouve un Ben Affleck peu crédible et une Olga Kurylenko (bimbo dans Quantum of Solace) manquant de charisme. Etre sublime ne suffit pas. Néanmoins, le « beau » couple qu’ils forment est l’occasion pour Terrence Malick de faire son ode à l’amour. Un amour qu’il décline en plusieurs couches de définitions. L’amour passionnel, proche de la nature. Les images de la flore et de la faune sont incroyables (surtout le passage avec les bisons). L’amour vide, épuré, mélancolique. Une fresque hautement dépressive. L’amour qui esseule, isole. Et enfin l’amour qui emprisonne la liberté. Des sensations qui s’entassent dans un enchevêtrement de scènes et plans peu logiques. Terrence Malick use du procédé de l’éclipse quasi systématiquement. Toutes les discussions vivantes et intéressantes ne sont qu’entre aperçues mais jamais vécues à l’écran. Un peu comme si vous enleviez tous les dialogues d’un film romantique et que vous laissiez juste les réactions des protagonistes. De quoi ennuyer même si  cela fait partie du style et de la poésie de « A la merveille ».  Et si cela ne suffisait pas en poésie, tout le film est accompagné par le répertoire musical classique du cinéaste. Pas désagréable mais pas de quoi nous faire tenir jusqu’au bout du film… Surtout quand une grande musique stressante accompagne un moment tout à fait banal à l’écran. WTF ?

AMEN

On veut bien croire que le cœur a ses raisons que la raison n’a pas mais l’histoire entre les deux personnages n’est vraiment pas claire. Les deux répliques de Ben Affleck et son visage apathique y sont peut-être pour quelque chose. Mais derrière tout cela se cache une autre déclaration d’amour. Celle à Dieu. Ce volet religieux arrive subitement par l’intermédiaire du prêtre joué par Javier Bardem. Sorti de nulle part dans l’intrigue, l’homme d’église doute de l’amour de Dieu et aimerait croire à l’amour avec une femme. Mais ses paroles et ses doutes ne résonnent pas en nous. C’est encore l’occasion pour Terrence Malick de nous donner le coup de grâce avec un discours spirituel difficilement digérable. Surtout qu’il n’a pas vraiment d’écho avec le reste de l’histoire. De toute façon si on a décroché avec les relations amoureuses il y’a peu de risque de s’accrocher avec le prêtre perturbé. Au final la seule qualité de ce film est avant tout esthétique. Les plans intimistes dévoilent la beauté des acteurs et des corps. Et les plans sur les paysages, les animaux, les villes sont vraiment d’une qualité rare. Le réalisateur réussit avec ses images à arrêter le temps. On a la sensation d’assister aux premiers ébats d’Adam et Eve dans un endroit presque vierge de toutes perturbations visuelles et sonores. Comme si la Terre n’avait pas encore été souillée. Même les plans modernes transpirent d’une spiritualité et d’une religiosité patente. Tout est vide morbide, sépulcral, presque surréaliste. Terrence Malick aime la nature. A travers le métier du protagoniste, il fait écho aux conséquences des travaux et exploitations des terres sur la santé des villageois et l’environnement. Un petit volet intéressant quand on connait les débats et risques que présente l’exploitation des gaz de schiste dans les campagnes américaines.

VOIR BANDE-ANNONCE RVLG

Ode à l’amour, ode à la nature et ode à la foi. Terrence Malick est un film presque trop personnel, pas masturbatoire pour son auteur mais qui concerne trop une vision spirituelle de la vien et qui ne divertit en aucun cas. On pariera cependant que quelques personnes plus sensibles au sujet auront trouvé dans A la merveille un magnifique éloge à un sentiment qu’ils connaissent ou qu’ils ont connu. Mais à Genesis, ça fait pschittt…

A la merveille - VERDICT

Par FMA le

Plus de lecture