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Banshee, saison 1

Brute de décoffrage

Avec son joli cocktail de testostérone, d’hémoglobine et de cyprine, Banshee semble décrire point par point les rudiments nécessaires à la satisfaction d’une audience masculine de base. On tape avant, on parle après, et ce n’est pas plus mal comme ça. Car il faut bien reconnaitre un véritable mérite à la nouvelle série d’Alan Ball (Six Feet Under, True Blood) : celui de ne jamais vous mentir sur la marchandise. Une marchandise que l’on consommera de préférence accompagné d’un bon gros pack de bière Amsterdam Maximator. Parce que soyons franc, Banshee, c’est à peu près aussi subtil que ça.

Les premières lignes du pitch semblent tout droit tiré d’un thriller série B des années 90. Un caïd sort de taule après avoir soulagé son ancien boss de quelques millions. Traqué par les sbires assoiffés de vengeance de son ancien employeur, il décide de partir pour Banshee (un bled paumé de Pennsylvanie) retrouver son ancienne complice / petite amie. Sauf que la jeune femme a depuis refait sa vie, elle est mariée, a deux enfants, et semble déterminée à garder son identité secrète tant l’optique de finir au fond d’un lac, un parpaing accroché à la cheville lui semble inconfortable. Tournant inattendu, notre antihéros se retrouve à endosser l’identité de Lucas Hood, le tout nouveau Sheriff dont le visage est encore méconnu de tous. En posant d’emblée un voyou dans le célèbre uniforme étoilé, les scénaristes Jonathan Tropper et David Schickler donnent à la série une liberté peu commune. Hood vas gérer Banshee d’une main de fer, usant et abusant de méthodes peu conventionnelles pour un officier assermenté. Sans surprises partout où il passe, les emmerdes suivent, remplissant au passage avec une grande assiduité le quota de bras cassé nécessaire à la survie du show. La satisfaction qui ressort de ces nombreuses scènes de lattes ultra-violente est presque primitive. On explose d’ailleurs le seuil toléré de libido lors des scènes de culbutages intensifs, qui ne sont tout de même pas au niveau d’un Game of Thrones ou d’un Spartacus.

Cela n’empêchera pas la belle Anastasia, premier rôle féminin, de passer le plus clair de son temps à poil. Le reste des scènes étant partagé entre des séquences à la Tomb Raider, et d’autres moments – moins sexy – où elle pleurniche sur le sort de sa famille. Il faut pourtant bien le reconnaitre, la relation qu’elle partage avec Lucas Hood peine à sonner juste. Leurs répliques sont vides de sens, et leurs faciès inexpressifs peinent à rendre justice au poids d’un passé commun de plus de 15 ans. À terme, on préfèrera les scènes d’action de monsieur, et les topless de madame. Car c’est bien là que se trouve le nerf de la guerre. Banshee n’est pas un thriller psychologique, c’est un programme rentre-dedans qui ne laisse personne indemne. On y décèlerait presque un petit côté Justified, à la différence ici que le badge est faux, et que Raylen Givens reste bien plus charismatique que la tête brulée incarnée par Antony Starr. Mais les similitudes restent nombreuses avec la série concurrente, à commencer par cette ville perdue menée par un criminel sans foi ni loi. Kai Proctor, le Némésis de Hood apparait bien plus sophistiqué, mais non moins terrifiant. Un adversaire de choix qui offre à la série une spectaculaire montée en pression, jusqu’à un épisode final démesuré qui pourrait littéralement clôturer la série. On pourrait presque penser que Banshee s’est déjà fait drainer de tout son potentiel. C’est mal connaitre les deux scénaristes : la deuxième saison est déjà en route.

Banshee S01 - VERDICT

Par Fox Mulder le

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